Chaque année, les circuits de visite des ateliers sont ponctués par un artiste invité
Ainsi sont nés LEZARTS SUR LES MURS

Moi, vous m'connaissez, j'adore les peintres, les sculpteurs, les photographes, les relieurs, les graphistes, les musicos, et tous les autres, intermittents ou pas. Ce que j'aime aussi, ce sont les trottoirs de Paris, ses murs, ses rues, ses refends, ses palissades, ses quartiers ancrés dans le passé de la cité.
(extraits des carnets de l'Oncle Tom)

Alors, quand en 2001, Miss Tic a inauguré ce jeu de piste magique en pochant les murs du quartier de la mouffe, mon plaisir a été total. Les silhouettes sensuelles de la Miss et ses petits aphorismes anodins et terribles accompagnaient à merveille le parcours entre les ateliers de tous ces artistes aux portes et aux cœurs ouverts.


En 2002, Jérôme Mesnager a pris le relais, peignant si vite son bonhomme blanc que j'arrivais toujours trop tôt - il n'était pas encore passé - ou trop tard : la peinture séchait déjà. Je m'émerveillais à suivre les courses sans fin de cet athlétique personnage toujours à la poursuite d'oiseaux et de rêves.  


En 2003, le grand Némo imposa un autre rythme, plus lent, avec des compositions majestueuses, ouvertes sur des mondes parallèles, peuplées d'hommes en  imperméables, de valises jamais défaites, de ballons rouges, de hamacs improbables, de chariots à voiles parsemées de papillons et de poissons qui tournent sans relâche dans le bleu des panneaux de signalisation.


En 2004, "Mosko et associés" reprenaient le flambeau.
Grands peupleurs de savanes, amoureux des tigres, papillons, hippopotames, éléphants débonnaires et girafes placides, les Moskos défoncent depuis 1989 les murs gris de notre quotidien à grands coups de fenêtres ouvertes sur des mondes colorés, peuplés d'animaux paisibles et sillonnés de trains omnibus pour Mombasa.


En 2005, c'est Speedy Graphito qui s'installait au pupitre et donnait sa mesure.
A Speedy, aucun centimètre carré de mur n'échappera, dût-il y passer ses nuits et ses jours et vider tous les pots de peinture de la capitale. Totems, buildings, salamandres, calendriers solaires et serpents magiques sont son univers. Avec lui, c'est bien le diable si la Bièvre ne sort pas de son lit !


2006. L'aventure continue avec Jef Aérosol, figure bien connue des amoureux de l'art urbain puisqu'il habille les murs de nos rêveries depuis 1982... un fameux bail, n'est-ce pas ? Et pour cette édition des lézarts, ses pochoirs célèbreront, pour "adoucir les murs", musique et musiciens, de Nick Drake à l'accordéoniste quêteur. Il était acquis que parfois les murs murmurent ; voici qu'avec Jef Aérosol, ils chantent. Magique, non ?


2007. FKDL aime fondre ses personnages dans la jungle des affichages sauvages, parmi les mots échappés à l'oubli, les textes naufragés des publicités et autres fonds perdus et déchirés des murs de Paris, Rouen, Barcelone ou New York
Partout où le mènent ses pérégrinations, il contribue, à sa manière, à l'enrichissement de l'art urbain.



2008. Artiste-Ouvrier.
Grande nouvelle pour les connaisseurs et grande nouvelle aussi pour les autres, c'est Artiste-Ouvrier qui a accepté cette année de poser ses pochoirs sur les murs et vitrines.
Vous avez peut-être une opinion bien arrêtée sur le pochoir de rue : un carton, une découpe, un coup rapide de bombe...
Alors il faut vite vous résigner à revoir cette idée très très préconçue avec cet Artiste là, Ouvrier, en plus, au sens noble et premier du terme.



2009 : JanaundJs
et leur mise en abîme du regard sur la ville ...