LES MIRACLES DE LA BIEVRE

Lézarts
de la
Bièvre

2009

 

 

On est toujours surpris par l'incroyable pouvoir d'entraînement que cette Bièvre à demi enfouie continue à exercer sur les aménageurs. Figurez-vous qu'après avoir longtemps renâclé le puissant Syndicat interdépartemental d'assainissement de l'agglomération parisienne va enterrer un égout de 6 km de long doublant la rivière souterraine d'Antony à l'Häy-les-Roses. Devis 18,3 millions d'euros. Inauguration fin 2010. Sur ce tronçon au moins la Bièvre ne sera plus jamais polluée par des eaux sales. Sa réouverture devient possible. Plus bas, à Arcueil, on programme en effet la remise au jour du cours d'eau sur 500 m, au pied du parc du Côteau, réaménagé ces dernières années. La municipalité parisienne, qui préfère ériger des tours que rendre un cours d'eau à ses riverains, a scellé sur les trottoirs sous lesquels coulait la Bièvre des rondelles de laiton signalant l'ancienne présence liquide. Autant de plaques tombales qui symbolisent sans doute le renoncement de la Ville à imiter ses consoeurs de banlieue. Mais la partie n'est pas perdue car sur le même itinéraire, entre la gare d'Austerlitz et la sortie de Paris, puis jusqu'à Saint-Quentin-en-Yvelines court désormais le sentier de grande randonnée n° 11 jalonné des fameux galons rouge et blanc. Le guide intitulé «La Bièvre à pied» est sorti début avril. Juste avant que la Marche de la Bièvre mobilise ses centaines de fans, comme chaque printemps.

On peut enterrer la Bièvre, on ne peut pas la tuer.

 



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